dimanche, octobre 29, 2006

Dja Blé accusé de fomenter un coup d`Etat contre Gbagbo


Sale temps pour les ministres et personnalités de l'opposition. Après Adama Bictogo, accusé de fomenter un coup d'Etat pour renverser Gbagbo, c'est le ministre Joseph Dja Blé, en charge du département de l'Intérieur qui est dans le viseur du pouvoir. Celui-ci est à son tour accusé d'être le cerveau d'une équipe d'hommes en armes qui chercheraient à renverser le régime de Gbagbo. On aurait pu en rire si l'information émanait, comme c'est le cas souvent, des milieux patriotiques. Seulement voilà, il faut la prendre au sérieux. Car elle a été portée à la connaissance du ministre Dja Blé par l'un des grands patrons de la police ivoirienne.En effet, selon nos informations, la semaine dernière, le Commissaire divisionnaire Firmin Gbéhiri, directeur général de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST) a rendu une visite nocturne au ministre de l'Intérieur. Pour lui dire quoi ? Et bien, pour lui dire que lui Dja Blé aurait été cité, voire impliqué dans un complot d'atteinte à la sûreté de l'Etat. En termes plus clairs, cela veut tout simplement dire que le DG de la DST est venu faire savoir au ministre Dja Blé que ses services lui ont dit que le ministre serait impliqué dans un coup d'Etat en préparation contre Gbagbo. Lorsqu'une telle information émane du tout premier responsable de la DST, censé être le service national d'espionnage et de contre-espionnage du pays, il faut la prendre au sérieux. Très au sérieux même. Puis le DG de la DST de poursuivre en soutenant que le ministre travaillerait sur ledit projet de coup d'Etat contre Gbagbo en parfaite intelligence avec l'ancienne puissance tutélaire, la France. Qui aurait même fourni les armes que Dja Blé aurait déjà réceptionnées. Selon le scénario décrit par le Commissaire divisionnaire Firmin Gbéhiri, le ministre aurait donné des ordres à des éléments recrutés par ses soins de "pulvériser" le cortège présidentiel un de ces quatre matins. Un récit digne d'un scénario hollywoodien fait par le DG de la DST que le ministre de l'Intérieur a écouté avec courtoisie. Avant de dire tout simplement à son interlocuteur qu'il ne se sentait en rien concerné, ni de loin, ni de près par ce film de science fiction, ces élucubrations et cette vue de l'esprit de certains éléments de la DST. Une "boîte" qu'il connaît parfaitement pour avoir dirigé le Service des renseignements généraux. Poursuivant, le ministre de l'Intérieur s'est donc présenté blanc comme neige face à ces accusations aussi farfelues que fantaisistes qui ne reposent sur aucune preuve palpable. Surtout que la Brigade Anti-Emeute (BAE) dont il est ici question n'a pas les moyens matériels et logistiques de lancer une telle offensive contre tout un régime. Les munitions dont elle dispose sont comptées et en quantité insuffisante.Deux officiers de policemis aux arrêtsIl n'empêche. Le pouvoir lui, à travers le DG de la DST, croit dur comme fer à une éventuelle implication du ministre Dja Blé dans ce projet de coup d'Etat contre le régime Gbagbo. C'est pourquoi, en dépit des propos du ministre rejetant toute implication dans cette affaire, le ménage est en train de se faire autour de lui. Selon des informations en notre possession, deux officiers supérieurs de la Police nationale, jugés très proches du ministre, sont actuellement aux arrêts. Les officiers dont les noms ne nous ont pas été communiqués, sont considérés comme des pistes pour conduire à Dja Blé. Ceux qui les ont arrêtés veulent leur faire dire que c'est bel et bien le ministre de l'Intérieur de connivence avec la France qui est en train de préparer un coup d'Etat. Et l'on se fondera sur ces affirmations pour régler le cas de Dja Blé. Mais les détenus qui connaissent bien le concerné ne sont pas prêts à faire ces faux témoignages, même en échange de leur liberté. Mais pourquoi s'acharne-t-il tant sur le ministre de l'Intérieur ? C'est très simple. Il s'agit pour les accusateurs d'atteindre le Premier ministre Charles Konan Banny. Pour ceux qui ne le savent pas, les deux personnalités Konan Banny et Dja Blé sont très proches. Ils ne sont pas que des collaborateurs. Ils sont même des "frères". Au sens africain du terme. Le père du Premier ministre, selon nos informations, a vécu à Divo, à un moment donné de sa vie. Et c'est depuis cette date que les deux familles (celles de Banny et Dja Blé) se sont connues. Et ont gardé de bons contacts. Ceux qui accusent donc Dja Blé pensent que le faisant, Banny pourrait être affaibli.Le rôle de Kadet Bertin, de Lida Kouassi et de Koré MoïseLa situation en était là, lorsque, curieusement, les ténors du régime en l'occurrence Bertin Kadet, conseiller spécial du chef de l'Etat en charge des Questions militaires, Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense limogé à la suite de l'attaque du 19 septembre 2002, et Koré Moïse, conseiller spirituel du chef de l'Etat approchent Dja Blé. Pour lui offrir leurs services. L'initiative ou l'offre est trop belle pour ne pas éveiller le soupçon du ministre. Les trois personnalités lui proposent de le faire sortir du pays si le cœur y était. Refus poli du concerné. Surtout qu'il n'a rien à se reprocher. Avec la tournure que prennent les choses, il faut craindre pour la sécurité de tous les leaders de l'opposition. Et surtout les proches du Premier ministre. Dont les pouvoirs sont en train d'être renforcés par les communiqués des différents sommets sur la Côte d'Ivoire. Le FPI digère très mal toute la sympathie de la communauté internationale autour de Banny là où la cote de Gbagbo est en baisse. Et cela n'est pas fait pour plaire aux partisans du régime FPI. Dans la mesure où ceux-ci pensent que le Premier ministre pourrait en profiter pour se tisser quelques amitiés au sein de la grande muette. Surtout que le dernier communiqué final de l'UA lui donne les cartes blanches pour nommer aux fonctions militaires. D'ailleurs sur ce point, les Refondateurs pensent que le Commandement des opérations de sécurité (COS) qui n'a rien à voir avec le fameux CeCOS est à la solde de Banny. Pourtant, cette unité a été mise sur pied par les Accords de Pretoria. Les éléments de CeCOS font partie de ceux qui ont subi une formation en matière de surveillance des personnalités en Afrique du Sud. Le COS n'est donc ni une armée proche de Banny, encore moins une milice. Pas plus qu'il n'est à la solde de quiconque. Alors !Yves M. Abiet

Sauvegarder l'article
E-mail l'article

Imprimer l`article
Réagir à l`article
SMS le titre

Revue de Presse

Aucun commentaire: