GESTION DE L’APRES 31 OCTOBRE L’ONU tranche demain
Affi N’Guessan (Pdt du FPI) : “ Si on récuse Thabo Mbeki, Alassane n’est plus éligible ”Après la Cedeao et l’Union africaine, c’est le tour du Conseil de sécurité de l’Onu d’analyser le dossier ivoirien et cela se fera demain, mercredi, au siège de l’organisation mondiale à New York. Les nations unies sont attendues dans le règlement de la crise en Côte d’Ivoire, précisément pour ce qui est de la gestion de l’après 31 octobre. L’an dernier, une résolution avait été adoptée par le Conseil de sécurité. La résolution 1633 du 21 octobre 2005 fixait le cadre institutionnel dans lequel le pays devait être dirigé : Laurent Gbagbo restait Chef de l’Etat flanqué d’un Premier ministre aux pouvoirs élargis et dont la mission était de conduire la Côte d’Ivoire à des élections libres et transparentes. Le Conseil de sécurité donnait un délai d’un an maximum pour que le nouveau Premier ministre remplisse sa mission. Charles Konan Banny n’a pu, toutefois, remplir sa mission dans le délai prévu par la résolution de sorte que l’organisation mondiale ayant constaté l’impossibilité d’organiser des élections, a demandé aux africains une reprise en main du dossier. La Cedeao, l’instance sous-régionale, s’est réunie le vendredi 6 octobre à Abuja pour analyser la question de la crise ivoirienne. Elle a fait des recommandations au Conseil de paix et de sécurité de l’UA qui a tenu sa 64ième réunion à Addis-Abeba (Ethiopie). Le Conseil de paix et de sécurité a fait siennes les recommandations de la Cedeao qui posent, entre autres, la reconduction du tandem Gbagbo-Banny pour un délai maximum de douze mois et un renforcement de l’autorité du Premier ministre. Le Conseil de sécurité aura à plancher demain sur les propositions de sortie de crise faites par les africains mais tout indique que l’organe de décision ne se démarquera pas de la ligne de la Cedeao et de l’UA. Laurent Gbagbo, sauf cataclysme, verra son mandat prolongé d’une précieuse année. De même Charles Konan Banny que le Communiqué final de l’UA prend soin de citer (cf., point 14, alinéa 2) devrait s’en tirer avec une nouvelle année d’exercice. Là où l’organisation est très attendue, c’est sur la question des pouvoirs du Premier ministre. Charles Konan Banny pourra-t-il prendre des décisions par ordonnance ou même décrets-lois ? Sera-t-il habilité à nommer aux emplois civils et militaires ? Le Conseil de paix et de sécurité de l’UA s’était montré trop prudent sur la question, si bien que le point 14 de son communiqué final est diversement apprécié. Il contient ce paragraphe qui ne dit jamais assez clairement si Konan Banny pourra prendre des décisions : “ dans l’accomplissement de sa mission, le Gouvernement peut, en toutes matières, prendre, en Conseil des Ministres, des décisions par ordonnance ou décrets-lois. En particulier, le Gouvernement peut adopter, par ordonnance, des mesures appropriées pratiques, dans l’esprit de la loi, pour accélérer le processus de délivrance des jugements supplétifs et des certificats de nationalité ”. Intervenant vendredi dernier sur RFI, Adama Bictogo, conseiller politique du Premier ministre, a eu ces paroles qui donnent à penser que Konan Banny n’attend pas de nouveaux pouvoirs : “ Le Premier ministre a une préoccupation. Il n’est pas à la recherche de pouvoirs parce que les pouvoirs s’acquièrent par des élections. Le Premier ministre est à la recherche de moyens pouvant lui permettre de mettre en œuvre le processus de sortie de crise ”. La déclaration de Bictogo pourrait refroidir les ardeurs des membres du Conseil au cas où ces derniers avaient envisagé produire un communiqué qui fasse la part belle à Banny. D’ailleurs, l’éventualité pour que le Conseil de sécurité reste tout aussi prudent que l’UA, est forte quand on considère la déclaration à l’Agence France presse du président de la Commission de l’UA, Alpha Oumar Konaré. Il a affirmé : “ On ne pourra pas faire de Laurent Gbagbo un président protocolaire, sinon on va à l’épreuve de force ”. L’Organisation des nations unies ne voudra certainement pas faire “ de Gbagbo un président protocolaire ” et pourrait reprendre à son compte les grandes lignes du communiqué final qui a sanctionné la réunion d’Addis-Abeba.



Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire