Ble Ble Charles repond a Gbagbo
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M. Blé Blé Charles, président de l`Union des partis politiques pour la république et le progrès (UNPRP) était hier l`invité de la rédaction de votre quotidien "Le Nouveau Réveil". Blé Blé Charles a dit sa vision quant à la sortie de crise et échangé sur les moyens de gouvernance avec la nouvelle transition instaurée par la Résolution 1721. En sa qualité de conseiller politique du Premier ministre Charles Konan Banny, l`ancien maire de Saïoua a laissé entrevoir ce que le chef du gouvernement pourrait faire après la Résolution 1721. Et sa réaction suite au message à la nation de Laurent Gbagbo.Monsieur Denis Kah Zion, Directeur Général du quotidien " Le Nouveau Réveil "Messieurs les Chefs des Partis PolitiquesMessieurs les Secrétaires GénérauxMesdames et Messieurs,Chers invités, Monsieur le Directeur Général,Je suis particulièrement heureux de me retrouver dans votre établissement de presse, ayant moi-même été un entrepreneur, j`ai une grande admiration pour les jeunes ivoiriens qui croient en leur rêve et se battent pour le réaliser en consentant d`innombrables efforts. Je voudrais ici vous témoigner toute mon admiration, et vous adresser tous mes encouragements pour que l`existence de votre journal, qui est un témoin quotidien et de qualité des principaux faits politiques, économiques, culturels et sociaux de notre pays, demeure pérenne. Mes félicitations vont également à l`ensemble des membres de votre rédaction dont la contribution est certainement pour quelque chose dans l`amélioration qualitative que votre journal vient de connaître ces derniers mois. Nous sommes une civilisation de la parole et de l`image. Or vous apportez un intérêt particulier au visuel, votre journal fait un savant dosage de l`écrit et de l`image qui est tout à fait remarquable. Je ne pourrais oublier de noter, Monsieur le Directeur, que la récente ouverture de votre journal à d`autres sensibilités politiques, différentes de votre ligne éditoriale originelle, s`est faite avec une grande interview que vous avez bien voulu m`accorder et je vous en sais gré. Soyez assuré que l`excellence de nos rapports personnels est tout aussi une grande satisfaction pour moi. Permettez-moi enfin Monsieur le Directeur Général, de jeter un regard attentif à la situation sociale et politique de notre pays qui ne finit pas de sortir de la crise qui l`assaille. Quand on croit que nous sommes au bout de nos peines, c`est là que de nouvelles difficultés s`amoncellent.L`invitation que la rédaction du Nouveau Réveil a bien voulu nous adresser, pour échanger sur les questions d`intérêt national en général, et en particulier sur les moyens de gouvernance de la nouvelle transition, rencontre tout notre assentiment. Tout d`abord pour l`honneur que vous faites à l`Union des Partis Politiques pour la République et le Progrès (UNPRP) ainsi qu`à son Président de se retrouver dans vos murs. Je me réjouis ensuite de cette invitation et de façon particulière, parce que vous concourez à la réalisation de quelques buts majeurs de notre projet d`union. Ceux-ci visent en effet une plus forte présence et une plus grande participation à la vie politique et à la formation de la pensée politique dans notre pays. Notre union a choisi d`être une troisième voie, qui n`est à la remorque d`aucun parti ou groupement politique, entre le RHDP et le CNRD. Qui ne s`en tient qu`à la vérité et qui n`a qu`un seul projet : nous inscrire dans ce qui fait le bonheur du peuple ivoirien et donc de coopérer avec tout groupement ou parti qui vise la vérité et la construction d`un avenir meilleur pour la jeunesse ivoirienne, sans nous préoccuper outre mesure de ceux qui, à un moment ou à un autre, n`ont pour seul projet que leur carrière politique personnelle et rien d`autre. Selon notre loi de référence : " les partis et groupements politiques concourent à la formation de la volonté du peuple et à l`expression du suffrage. " Ce rôle de formateur et de guide, nous entendons le jouer avec abnégation, sans état d`âme. Depuis le 01 novembre 2006, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1721 qui fixe le cadre de gouvernance de la seconde transition du Premier ministre Charles Konan Banny. Et ce, après le constat d`impossibilité de tenir les élections présidentielles à la fin de la première transition, rendue possible par la résolution 1633.Quel est notre sentiment à l`analyse des dispositions de la nouvelle Résolution 1721 ? Que pense l`UNPRP des interprétations qui sont faites autour de cette résolution ? Des positions exprimées par les acteurs politiques ivoiriens, il semble qu`ils poursuivent encore ce débat d`arrière-garde qui voudrait qu`on détermine quel instrument, de la Constitution ou de la Résolution onusienne, cette fois la 1721, a une prééminence sur l`autre. Pour certains, il s`agit de savoir lequel de ces deux instruments de gouvernance est finalement le référentiel qui nous conduira à la paix. A la vérité, et sans aucune volonté d`offenser, de supporter ou de ne pas supporter un camp ou un autre, nous voulons regarder les enjeux actuels de la politique nationale en ayant pour seul souci de ne pas nous tromper de chemin, de ne pas mener des batailles qui ne sont plus de saison. Il nous faut nous attacher à la vérité pour apporter la paix au peuple ivoirien. Il nous faut éviter des voies de violence qui sont toujours sans lendemain. Ne dit-on pas dans notre pays que, " si tu prends le chemin de je m`en fous, tu te retrouveras dans le pays de si je savais ? ". Nous répondons donc prématurément par la reformulation de la question principale comme suit : quel instrument nous apporte la paix ? Car c`est du retour à la paix qu`il s`agit, et non de qui peut avoir ou doit avoir plus de pouvoir.Pour comprendre la logique de notre position, il faut se souvenir que nous avons une obligation de cohérence envers nous-même et envers notre peuple : le 31 octobre 2005, nous avons engagé notre pays dans une transition politique. Nous sommes dans un processus qu`on appelle changement transitionnel. C`est-à-dire ayant fait le constat, avec l`avènement de la rébellion du 19 septembre 2002 d`une seconde perte d`équilibre après le coup d`Etat du 24 décembre 1999, nous avons choisi d`entrer dans un processus transitionnel accepté de tous. La transition rendue possible par la Résolution 1633 qui vient de s`achever a été conduite par la seule personne qui a rencontré l`assentiment du Président Gbagbo, alors même que le Président Bédié avait des réticences vis-à-vis du Gouverneur Charles Konan Banny. Hélas, au cours de cette première transition, " les fruits n`ont pas été à la promesse des fleurs ". Le travail n`a pas été bien loin, il n`a pas été achevé pour de multiples raisons que nous éviterons d`évoquer ici. C`est ce travail qu`il faut achever. Et pour en définir le schéma et le cadre, d`intenses négociations ont eu lieu. Au cours de ces négociations, proposition contre proposition, le camp Présidentiel, et notamment le Président Gbagbo, souhaitait disposer du droit de former son propre gouvernement pour ensuite discuter avec la rébellion. Les rebelles, eux, exigeaient une seule chose, le départ du Président Gbagbo. Le RHDP souhaitait un présidium ou le départ de Gbagbo. Et le RDR insistait sur la suspension de la Constitution ou des articles utilisés par le Président Gbagbo pour bloquer l`avancement de la feuille de route. Les interprétations courantes de la Résolution 1721 nous obligent à faire le triste constat qu`en dépit des contributions apportées par toutes les parties ivoiriennes au conflit (camp présidentiel et forces nouvelles) à l`élaboration de cette résolution, auxquelles se sont ajoutées celles d`autres formations politiques ou de certains hommes politiques ivoiriens et même celles d`organisations de la société civile, et qui, ont, il faut le dire, nourri les propositions des instances africaines CEDEOA et du Conseil de Paix et de Sécurité de l`Union Africaine, les menaces de dérapage de la prochaine transition sont ostensiblement, ostentatoirement brandies ou proférées. Au motif que la résolution 1721, qui découle d`une longue négociation n`a pas donné une entière satisfaction à un camp ou à un autre. Le discours du Président Gbagbo au journal télévisé de 13H hier, ayant été le déclencheur de la polémique. La Côte d`Ivoire a à nouveau rendez-vous avec son destin. Comment sortir de cette crise dans les douze prochains mois quand on sait qu`à peine la résolution votée, certains de nos compatriotes se refusent déjà de s`inscrire avec sincérité dans la conduite du programme de la feuille de route ?Pour l`essentiel, la résolution 1721 souligne (alinéa 7) que le Premier Ministre aura pour mandat de mettre en œuvre toutes les dispositions de la feuille de route et de conduire en particulier :- Le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR);- Les opérations d`identification et d`enregistrement des électeurs en vue d`établir des listes électorales crédibles;- Les opérations de désarmement et de démantèlement des milices;- La restauration de l`autorité de l`État et le redéploiement de l`administration et des services publics sur l`ensemble du territoire ivoirien;- La préparation technique des élections;- La restructuration des forces armées, La Résolution souligne alinéa (8) que le Premier Ministre, pour l`exécution de son mandat, doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires, de toutes les ressources financières, matérielles et humaines requises et d`une autorité totale et sans entraves, et qu`il doit pouvoir prendre toutes les décisions nécessaires, en Conseil des ministres ou en Conseil de gouvernement, par ordonnance ou décret-loi et souligne également, alinéa 9, que le Premier Ministre, pour l`exécution de son mandat, doit disposer également de toute l`autorité nécessaire sur les Forces de défense et de sécurité de Côte d`Ivoire. L`alinéa 10 … rappelle que le Premier Ministre exercera sa pleine autorité sur le gouvernement qu`il aura constitué. Au regard de ce qui précède, chaque camp (camp présidentiel comme celui de l`opposition civile et militaire) peut être satisfait ou insatisfait, et se forger un comportement personnel ou solitaire en faisant une lecture sélective de la Résolution 1721.Il nous plaît de rappeler que dans une négociation, on ne peut tout obtenir. On ne peut non plus prendre dans un jugement, surtout quand on a participé à l`instruction de l`affaire, que ce qui nous arrange. Le jugement qu`émet cette Résolution vise un but, aller à la paix. La Résolution est un compromis, elle n`est certes en rien une satisfaction parfaite, pour aucune des parties, mais elle place la Côte d`Ivoire sur la bonne route pour une sortie de crise. Au demeurant, elle dit clairement que le Président Laurent Gbagbo demeurera chef de l`État à partir du 1er novembre 2006 pour une nouvelle période finale de transition n`excédant pas 12 mois. Que le mandat du Premier Ministre, M. Charles Konan Banny, est prorogé à partir du 1er novembre 2006, pour une nouvelle période finale de transition n`excédant pas 12 mois, et que celui-ci ne pourra se présenter à l`élection présidentielle qui sera organisée avant le 31 octobre 2007. Le Premier Ministre a clairement affirmé qu`il est venu pour faire renaître l`espoir et la confiance. Il a choisi de faire tandem avec le Président Gbagbo, et n`a pas fait le choix de jouer au Gladiateur malgré les pouvoirs que lui donnait déjà la 1633. Le Président Gbagbo avait déjà promis d`apporter son concours au Premier Ministre. L`occasion est belle de traduire en réalité cette profession de foi dans le cadre de la nouvelle gouvernance prescrite par la Résolution 1721. Cette Résolution affirme en son Alinéa 1 que ses dispositions visent à mettre pleinement en œuvre le processus de paix en Côte d`Ivoire et à organiser des élections libres, ouvertes, régulières et transparentes dans notre pays d`ici au 31 octobre 2007, et affirme que ces dispositions sont destinées à s`appliquer durant la période de transition jusqu`à ce qu`un président nouvellement élu prenne ses fonctions et qu`une nouvelle assemblée nationale soit élue; La Résolution commande aussi en son alinéa que toutes les parties ivoiriennes s`y conforment totalement et qu`elles n`invoquent aucune disposition légale pour faire obstacle à ce processus.C`est pourquoi, à titre personnel, le Président de parti politique et le Président de l`Union de Partis Politiques que je suis, fraternellement, et on ne peut douter de mon amour fraternel, invite le Président Laurent Gbagbo à retrouver la patience, l`arme des forts, pour qu`une fois des élections transparentes organisées, il retrouve si les Ivoiriens le décident, les prérogatives du Président et de Chef de l`Etat qu`il portera avec joie. La résolution 1721 ayant été votée à l`unanimité du Conseil de Sécurité des Nations Unies, j`invite avec insistance qu`il n`est pas bénéfique de s`engager dans une voie solitaire, qui ne convient qu`à une poignée de personnes. Je ne m`étendrai donc pas sur le récent discours du Président dans lequel il est dit en d`autres termes que toutes les décisions en contradiction avec la Constitution ivoirienne ne seront pas appliquées, et se propose de créer son propre cadre de règlement du conflit ivoirien ". J`y ai déjà répondu. Nonobstant, il convient de rappeler que le Conseil de Sécurité affirme haut et fort que le mandat du Président Gbagbo et celui du Premier Ministre sont renouvelés pour une période finale. L`échec de l`un ayant des effets irréversibles sur l`autre, le moment est donc venu de voir un Ivoirien réussir au moins une chose importante pour tous. Il n`est pas superflu de rappeler que cette Résolution précise que " Personne ne pourra s`abriter sur des dispositions de lois pour entraver son exécution ".Une seule voie s`offre alors au peuple ivoirien : se mobiliser, non pour embrasser des voies de violences et de négation de l`autre, mais une seule voie, pleine de promesses, d`amour, de prospérité et de paix pour tous : se mobiliser pour accompagner cette nouvelle transition, conduite par un Ivoirien, le seul qui ait sur lui un consensus venant des principaux acteurs politiques. Le Premier Ministre Charles Konan Banny, puisque c`est de lui qu`il s`agit, n`est candidat à rien et a librement décidé de ne pas engager de lutte contre le Chef de l`Etat. Ainsi, l`UNPRP, coalition de 27 partis politiques ivoiriens dont 18 partis signataires à ce jour de sa Charte, s`engage à soutenir le processus de sortie de crise, notamment la feuille de route de la nouvelle résolution 1721 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.En effet, les positions de l`UNPRP sur la crise ivoirienne, sur la nécessité d`aller à la paix ici et maintenant en réussissant une transition apaisée, des élections justes, transparentes et incontestables, ont été affichées très tôt, et ont été largement diffusées par la presse nationale, suite à la conférence de presse du Président de l`union, le 11 octobre 2006.Les membres de l`Union ont en effet convenu de mettre ensemble leurs ressources politiques, intellectuelles, humaines et matérielles en vue de :Déployer un engagement déterminé, vigoureux et inscrit dans la durée d`appui aux institutions de la nouvelle gouvernance transitionnelle pour une sortie de crise définitive. Œuvrer de sorte à amener les Ivoiriens à être objectifs dans leurs comportements, leur prise de parole et leur prise de position dans le jeu politique pour mieux servir la cause de la grandeur nationale. Recentrer, de façon plus précise, le débat politique sur les questions d`intérêt national que demeure la mise en œuvre réussie de la prochaine transition aux fins de re-légitimer les détenteurs des pouvoirs publics par des élections libres, transparentes et incontestables, Valoriser les comportements qui permettront à ce pays de retrouver son équilibre social, politique, culturel et le retour à son développement économique, à la bonne gestion des ressources publiques, à l`accomplissement par l`Etat de ses fonctions distributives que sont (l`éducation, la santé publique et les prestations sociales publiques diverses.), Exiger des pouvoirs publics, la mise en place des conditions de construction d`un meilleur avenir pour les jeunesses ivoiriennes et pour le peuple de Côte d`Ivoire. L`appropriation par le peuple ivoirien du processus de paix. L`Union œuvrera de façon concrète, à mobiliser ses membres, l`opinion publique et le peuple ivoirien autour des tâches de cette seconde transition de douze mois, comme définit au paragraphe 7 de la Résolution 1721 et présentées plus haut.Au-delà de la réussite de la transition, réussite que nous appelons de tous nos vœux, l`UNPRP, en prônant le rassemblement des partis politiques et des mouvements politiques, et au-delà, de tous les Ivoiriens épris de paix et de justice, soucieux de la grandeur de la Côte d`Ivoire, se fixe comme objectif, l`émergence, par la voie démocratique, d`une société qui apporte des réponses concrètes aux aspirations fondamentales de la personne humaine, à savoir : la vie dans la dignité, la liberté, l`égalité, le bien-être, la solidarité et la responsabilité. Notre union adhère au principe de l`union dans le respect de la diversité. Tout homme politique ivoirien devrait en effet prendre conscience de la diversité ethnique, culturelle et religieuse du peuple ivoirien, aux fins de bâtir, avec l`aide de toutes les personnes de bonne volonté, une nation solidaire et prospère, pour œuvrer à l`avènement d`une société multi partisane, soucieuse de son unité et de son indivisibilité quels que soient les défis auxquels elle doit faire face. L`union dans le respect de cette diversité étant la voie la plus sûre pour garantir le progrès économique et le bien-être social. Cette triste page de notre histoire, née de la rébellion du 19 septembre 2002, doit être rapidement oubliée, rangée au placard pour nous tourner dans la construction d`un Etat démocratique, un Etat de droit qui fonde son action et son projet sur le respect des Droits de l`Homme et du Citoyen dans le cadre d`un Etat de droit reposant sur le suffrage universel et le pluralisme. C`est pourquoi, notre union fait sienne, les leçons de l`histoire : -"La démocratie est durable mais sa pratique est précaire"- "La démocratie ne peut prospérer qui si les citoyens assument la responsabilité de la liberté durement gagnée en participant à la vie de la société"Le temps est venu pour le peuple ivoirien de retourner au travail. A la poursuite de son développement, or on le sait, " le développement est la somme des croissances continues, jamais interrompues". Voilà pourtant plus de cinq ans que notre pays enregistre un taux de croissance négatif.Cette crise a mis hors du circuit de production, un très grand nombre d`Ivoiriens. Le travail est pourtant un élément essentiel de la dignité de la personne humaine. Cette observation commande qu`il faut s`assurer que chaque citoyen bénéficie d`une formation de base et pour ceux qui en ont la capacité d`une formation distinctive. Et que pour chaque Ivoirien, espère que son pays lui donnera un jour du travail n`est pas une demande excessive mais un droit que ceux qui vont à la conquête du pouvoir suprême doivent avoir le souci de rendre possible en créant des conditions de croissance raisonnable pour notre économie. Notre pays doit aussi favoriser l`accès à l`information et à la culture qui est une condition essentielle de la démocratie. Il doit aussi consacrer la liberté de pensée et d`expression dont je jouis en ce moment, puisque je vous parle, il doit notamment consacrer la liberté de conscience pour nous prononcer librement sur les questions d`intérêt national comme la conduite de la seconde transition, la liberté d`opinion religieuse ou philosophique, et il doit entendre la laïcité comme équidistance de l`Etat vis-à-vis des cultes religieux. Pour que toutes ces valeurs deviennent réalités, nous-mêmes citoyens, devons nous battre pour affirmer et voir s`exprimer l`égalité de tous les citoyens et refuser toute mesure discriminatoire fondée sur le sexe, la race, les convictions philosophiques ou religieuses. Je ne pourrais conclure cette partie de mon intervention sans rappeler deux réalités qui s`attachent à la vérité. Car nous avons un devoir de vérité vis-à-vis de nous mêmes et de nos enfants, de la jeunesse ivoirienne. Nous devons élever nos enfants, notre jeunesse dans la vérité si nous voulons qu`un jour que cette jeunesse soit responsable pour assumer son rôle générationnel d`héritier, de leader, de guide de la Côte d`Ivoire de demain que nous souhaitons prospère à tous égards. Premièrement, je voudrais réaffirmer que la Côte d`Ivoire est bien sur la terre des hommes et non sur une planète quelconque du système solaire, la lune, mars, Jupiter ou autre. Et que les Ivoiriens font bien partie de la chaîne humaine qui veut que nous ayant à la fois un pays bien à nous tout en étant membres de la société des peuples de la terre, voire des nations unies. D`ailleurs notre Constitution n`aurait pas oublié une telle réalité qui, on ne sait d`ailleurs pourquoi, n`est pas du tout rappelée aux Ivoiriens. Deux articles nous en informent de façon complémentaire : Article 85 Titre VI relatif aux Traités et Accords internationaux stipule : " Les traités de paix, les traités ou Accords relatifs à l`organisation internationale, ceux qui modifient les lois internes de l`Etat ne peuvent être ratifiés qu`à la suite d`une loi. " et l`article 87 précise : " les traités ou Accords régulièrement ratifiés ont dès leur publication, une autorisation supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque traité ou Accord, de son application par l`autre. " Cela est bien écrit dans notre Constitution, mieux pour les différents Accords qui ont trait à cette crise de Marcoussis à Addis- Abeba, nos officiels ont concouru aux obtentions des accords conclus et leur ont donné une validité immédiate en y apposant leurs signatures, et bien plus, les décisions, Résolutions des Nations unies prises sur la base du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ce qui est le cas du nouveau cadre de la nouvelle gouvernance, sont au-dessus des lois nationales. Nul besoin qu`on nous fasse l`injure de nous le jeter à la figure pour que nous le comprenions. A moins que nous ne nous soyons retiré des Nations Unies à mon insu. La deuxième réalité-vérité est de rappeler qu`en 1999, une date trop récente pour être oubliée, avec des faits trop importants pour disparaître de notre mémoire, le coup d`état du 24 décembre de l`année évoquée, dit " coup d`Etat des jeunes militaires " ou " coup d`Etat du Général Guéi ", c`est selon, la Constitution ivoirienne a bien été suspendue et la junte militaire au pouvoir a réglementé la vie de notre pays momentanément par des ordonnances et par des décrets-lois jusqu`à ce que nous eûmes à écrire et à voter une nouvelle Constitution, la présente, dite Constitution de la deuxième République, sans que le ciel nous tombe dessus, sans que la Côte d`Ivoire disparaisse. Ce qui fait de nous des hommes, des êtres intelligents, c`est notre capacité à nous adapter aux réalités concrètes de notre vie. Avec respect, à tous, je dirais, si nous voulons vivre ensemble, dans la paix et dans la vérité, nous le pouvons.



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