vendredi, octobre 20, 2006

Communiqué de la 64éme Réunion du Conseil de Paix et de Sécurité




© Présidence par Ano NIANZOUQue peut-on retenir de la 64è réunion du Conseil de Paix et de Sécurité de l`Union Africaine ? Beaucoup de choses et rien en même temps. A part les mensonges des médias étrangers qui, comme d`habitude, ont joué à intoxiquer, la réalité des débats et la qualité du lobbying entrepris par l`équipe du président Gbagbo auprès de ses pairs d`Afrique Australe, sont les seuls qui ont consacré le vrai contenu du vrai communiqué final, pondu 17 heures après la fin du sommet. Toute chose qui montre que ceux qui en veulent encore à Gbagbo ont encore du chemin à faire. Retour sur tout ce qui a marqué ce rendez-vous africain.L`un des premiers enseignements à tirer de cette 64è réunion de l`UA est inévitablement le fossé politique qui se creuse chaque jour davantage entre les chefs d`Etat d`Afrique anglophone et leurs homologues francophones, d`une part et entre les chefs d`Etat des pays d`Afrique Australe et ceux de l`Afrique de l`Ouest, d`autre part. Dans le fondSur le point de vue de l`éducation politique, les leaders des pays comme l`Angola, le Burundi, l`Ouganda, le Soudan, le Rwanda, l`Afrique du Sud, etc., généralement héros des indépendances chez eux, ont beaucoup à apprendre aux suiveurs de Jacques Chirac. Le sommet d`Addis Abeba a montré l`immaturité politique de nombre de chefs d`Etat dits incontournables par rapport au dossier ivoirien. C`est chaque fois que les leaders de l`Afrique digne pouffaient de rire lorsqu`un Sassou, un Wade ou un Bongo ouvraient la bouche pour demander, soit que l`on ne condamne pas la rébellion, soit que Banny signe les ordonnances et autres décrets-lois en Conseil des ministres. Ce, en parfaite ignorance de ce qu`un Conseil des ministres se tient toujours en présence du chef d`Etat qui en est le garant. "Cela ne nous surprend pas, lançait un ministre des Affaires d`Afrique Australe, les Conseils de ministres se tiennent si rarement au Congo que Sassou demeure ignorant de qui les dirige". Les uns ont aussi apprécié le degré de légèreté avec laquelle Wade est sorti de la salle des plénières pour s`envoler pour la Mecque. "Cela montre le peu d`intérêt qu`il a pour la crise ivoirienne qui a pourtant pris en otage l`économie de toute la sous-région" A l`opposé, ce même interlocuteur fait la remarque suivante : "Les dirigeants ouest africains n`ont pas de démarche scientifique. Mbeki a marqué la différence en allant à Abidjan pour s`imprégner de la réalité de la crise ivoirienne. Les dirigeants ouest africains peinent à s`affranchir de la tutelle française. Nous n`accepterons jamais une démarche similaire". De sorte que quand la CEDEAO a fait le forcing pour faire admettre sa recommandation mafieuse d`Abuja comme boussole des travaux, les présidents de l`Afrique digne tels que Kagamé, Yoweri Museveni, Dos Santos, et leur homologue du Botswana ont carrément refusé de venir à Addis Abeba pour cautionner la mascarade. Même l`Afrique du Nord avec Mubarak d`Egypte et Bouteflika d`Algerie, a souscrit à cette idée. Ce qui explique que sur 15 chefs d`Etat, seulement 6 parmis eux aient fait acte de présence. C`était tout dire. Et cela situait sur la crédibilité du complot de la CEDEAO et d`une partie de l`UA contre la Côte d`Ivoire.Dans la forme Dans la forme, le fait que le sommet n`ait pu immédiatement produire un communiqué final était la preuve q`un malaise subsistait. En effet, 6 communiqués finaux aussi différents les uns que les autres ont été remis à la presse. 3 pour la version française et 3 autres pour la version Anglaise. Au fur et à mesure que l`on avançait dans le temps, un communiqué final particulier était remis à la presse. Par exemple, lorsque la première mouture anglaise comprenait un point précis sur le retrait du médiateur, la seconde ne le contenait pas. Ou encore, alors que la deuxième en français ne comprenait pas la notion "d`Armée intégrée", la première la contenait. La dernière aussi. Ce flou artistique, ajouté au fait que, débuté mardi à 11h15 mns pour finir vers 23h45 mns, le communiqué final n`a été disponible que le mercredi vers 15h, était la preuve que cette partie de l`Afrique qui entendait magouiller pour noyer Laurent Gbagbo, a été sérieusement contrariée. Mais l`élément essentiel qui a davantage contrarié le complot était l`attitude du président Gbagbo. Désormais entouré par des conseillers très au fait de la chose diplomatique, il a été demandé au président Gbagbo de ne quitter les sommets qu`avec les communiqués finaux. A Abuja, le président Gbagbo a exigé de lire et d`approuver le communiqué final avant de quitter les lieux. Il en est reparti avec deux brouillons et un communiqué final au grand désarroi du comploteur Ibn Chambas dont les services avaient sciemment tout retardé aux fins d`insérer des points confligènes dans ledit communiqué. Mais en vain. A Addis, c`était pareil. Conscient du danger, Gbagbo a informé le siège de l`UA, de ce qu`il ne quitterait pas Addis-Abeba sans le communiqué final. C`était le branle-bas. Après avoir "filé les mauvais sons à RFI" pour intoxiquer le monde entier, les comploteurs de Sassou NGuesso ne savaient plus comment faire admettre des points comme "Tout le pouvoir de l`Exécutif à Banny", "Banny désormais à même de nommer aux emplois civils et militaires", etc. Comment remettre ce genre de points main à main à Gbagbo, qui dès qu`il a reçu une première mouture a saisi Konaré qui l`a à son tour assuré qu`elle n`était en rien la mouture dont le conclave avait fait cas au finish. Conséquence, les services de l`UA, après le one man show de Sassou Nguesso, ne savaient plus comment intégrer dans le communiqué à donner à Gbagbo les points confligènes relatifs aux pleins pouvoirs de Banny et sa possibilité nouvelle de nommer aux postes militaires et civils. Or c`est justement ce que RFI et ses relais ont laissé croire tout le temps qu`a duré le sommet.William-Varlet ASIA, Envoyé spécial à Addis Abeba

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Sommet de l`UA 17 octobre 06

Les chefs d`Etat des pays membres du Conseil de paix et de sécurité de l`Union africaine se réunissent le 17 octobre à Addis Abeba pour débattre des propositions de sortie de crise en Côte d`Ivoire.
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