Affrontements sanglants, hier, à Yopougon Niangon
Les populations mettent le GPP en déroute : 4 morts, plusieurs blessés graves, l’armée exfiltre les miliciens.
Le Patriote No. 2127 du Samedi 4 Novembre 2006Couronnement, hier, d’une spirale d’affrontements violents entamés, mercredi dernier et ayant opposé les populations riveraines de Yopougon Niangon Sud aux miliciens du GPP logés dans un camp au quartier Azito : 4 morts, plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels.
Yopougon Niangon Sud, terminus du bus 27. Il est 19 h, ce vendredi 03 novembre. Au rond point de ce quartier, où autobus et minicars "gbakas" et "wôrô-wôrô" font leur chargement, un énorme bûcher allumé par des manifestants surexcités, consume des corps inertes gisant à même le sol. selon des témoins, il s’agit « des corps de deux miliciens du GPP » tombés dans une embuscade tendue par les manifestants. La tête fendue à coups de machettes et d’objets contondants, la main droite placée à côté de l’oreille en forme de supplication, les corps inertes des deux éléments du GPP « cuisent » tranquillement au contact du feu alimenté par l’essence et le pétrole versés sur eux par la foule gonflée à bloc. C’est le spectacle horrible qu’il a été donné de voir, hier, à nos reporters. Aux abords du rond point, des jeunes gens, filles et garçons, des badauds armés de gourdins, de machettes et barres de fer gesticulent et laissent éclater leur joie d’être définitivement débarrassés de la présence des hommes de Touré Zeguen et de Saki Bouazo dont le camp est situé à Azito en bordure de lagune. Ceux-ci prennaient un malin plaisir à rançonner commerçants, passants, habitants, opérateurs économiques sur leur passage. Sur la voie publique, des barricades sont dressées ça et là, de vieux pneus ainsi que des troncs d’arbres et des morceaux de planches jonchent les abords de la principale artère qui desserre ce quartier populeux de Yopougon. Plus loin, on assiste à un déploiement impressionnant des éléments des forces de l’ordre tous corps confondus : police, gendarmerie, fusiliers marins, commandos bérets rouges, BAE, Garde républicaine, CECOS, tout y passe…Sur les lieux, on dénombre plus d’une cinquantaine de véhicules militaires : chars Mamba, 4 x 4 surmontés de mitrailleuses, Véhicules avant blindés VAB, Véhicules légers de reconnaissance (VELERA) patrouillent dans un concert strident de Klaxons et de vrombissement de moteurs lancés à vive allure. Dans la foulée, on aperçoit le général Philippe Mangou, chef d’Etat-major des FDS venu lui-même s’enquérir de la situation sur le terrain. Dans les cargos de transport de troupes qui font partie du cortège, de nombreux éléments du GPP surveillés par les forces de l’ordre ont pris place : « l’Armée est en train d’exfiltrer les miliciens du GPP que nous venons de déloger de leur camp d’Azito. On ne veut pas d’eux dans notre quartier. Où bien qu’on nous les remette, on va en finir une bonne fois pour toutes avec eux. Trop, c’est trop ! ». fulmine un jeune manifestant, torse nu, le visage badigeonné de charbon, un gourdin à la main. Mais en fait, que s’est-il passé pour que le quartier Niangon et ses alentours soient ainsi transformés en un vaste champ de bataille ?Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, tout a commencé dans la matinée d’hier. Les populations riveraines n’ont semble-t-il pas digéré l’affront à elles faite mercredi dernier par des éléments radicaux du GPP. Pas plus qu’elles n’appréciaient plus les actes d’agressions, de brimades et d’exactions assortis de rackets, de vols, viols de jeunes filles et de pillages des biens dont les miliciens du GPP se rendaient coupables à longueur de journée dans leur quartier. Lassées, elles se sont donc passé le mot, hier, et ont décidé d’en découdre définitivement avec « ces terroristes » du GPP. Tôt le matin, les jeunes du quartier ont dressé aux entrées et sorties du quartier des barricades à l’effet de traquer du GPP. Informés de ce qui se tramait contre eux, les hommes de Touré Zeguen se sont, eux aussi, mis sur le pied de guerre. Le décor d’un affrontement imminent était ainsi planté. Alertés, les éléments des forces de l’ordre se sont déportés sur le terrain pour tenter d’éteindre le feu en gestation et faire entendre raison aux populations qui devenaient de plus en plus menaçantes. Rien n’y fit.Les populations ont consenti à lever les barricades et à libérer la voie publique. Mais, elles étaient loin de vouloir enterrer la hache de guerre. Déterminés à croiser le fer avec le GPP, plusieurs groupes de jeunes riverains se sont alors déportés à Azito pour déloger les miliciens de leur camp. S’en suivent des affrontements sanglants. Le GPP ouvre le feu fait deux morts parmi les manifestants et tranche la main gauche d’un autre.Il n’en fallait pas plus pour que la foule déjà chauffée à blanc par l’intervention disproportionnée des forces de l’ordre qui ont lancé des bombes lacrymogènes et fumigènes, se déchaîne. Dans la débandade qui s’en suit, les manifestants mettent la main sur deux éléments du GPP dont l’identité ne nous a pas été révélée, les battent à coups de gourdins et de machettes jusqu’à ce que mort s’en suive. En plus, ils les aspergent de pétrole et d’essence avant de mettre le feu à leur corps sous le regard, à la fois hagard et amusé, des badauds.Impuissants, les éléments des forces de l’ordre assistent au massacre. Pendant ce temps, d’autres manifestants mettent à sac le camp du GPP à Azito, saccagent leur matériel roulant et mette le feu à leurs tentes et autres effets.Les forces de l’ordre s’attèlent, quant à elles, à sécuriser ceux des miliciens pris de panique qui se sont mis sous leur protection. Les autres ont, semble-t-il pris leurs jambes à leur cou, se fondant dans le pénombre du quartier Azito : «D’autres mêmes se sont noyés dans la lagune », témoigne A.H, un manifestant qui s’est confié à nos reporters. «GPP, libérez notre quartier ! » ne cessaient de scander des centaines de manifestants qui escortaient les cargos militaires à bords desquels l’armée a exfiltré les miliciens. « Maintenant, on peut rester dehors jusqu’à 2 H du matin. C’est fini maintenant, vieux père, vous pouvez rentrer chez vous à tout heure de la nuit. On a chassé le GPP » , lance un autre manifestant à notre endroit. Selon lui, le GPP avait institué, dans le quartier, une sorte de couvre- feu qui ne disait pas son nom. « A partir de 22 h, plus personne ne pouvait sortir ni entrer au quartier », argumente-t-il.Au moment où nos reporters quittaient les lieux, (vers 20 h), le calme revenait peu à peu dans le quartier après le départ des forces de l’ordre à 19 h. Aux dernières nouvelles, les miliciens du GPP ainsi exfiltrés ont été transportés et logés pour les uns à l’Ecole de police, pour les autres à l’Ecole de gendarmerie. Au total, les affrontements entre le GPP et les riverains ont causé 5 morts : un mort mercredi dernier et 4 hier vendredi. A quand, diantre, la fin de cette comptabilité macabre ?
Le Patriote No. 2127 du Samedi 4 Novembre 2006Couronnement, hier, d’une spirale d’affrontements violents entamés, mercredi dernier et ayant opposé les populations riveraines de Yopougon Niangon Sud aux miliciens du GPP logés dans un camp au quartier Azito : 4 morts, plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels.
Yopougon Niangon Sud, terminus du bus 27. Il est 19 h, ce vendredi 03 novembre. Au rond point de ce quartier, où autobus et minicars "gbakas" et "wôrô-wôrô" font leur chargement, un énorme bûcher allumé par des manifestants surexcités, consume des corps inertes gisant à même le sol. selon des témoins, il s’agit « des corps de deux miliciens du GPP » tombés dans une embuscade tendue par les manifestants. La tête fendue à coups de machettes et d’objets contondants, la main droite placée à côté de l’oreille en forme de supplication, les corps inertes des deux éléments du GPP « cuisent » tranquillement au contact du feu alimenté par l’essence et le pétrole versés sur eux par la foule gonflée à bloc. C’est le spectacle horrible qu’il a été donné de voir, hier, à nos reporters. Aux abords du rond point, des jeunes gens, filles et garçons, des badauds armés de gourdins, de machettes et barres de fer gesticulent et laissent éclater leur joie d’être définitivement débarrassés de la présence des hommes de Touré Zeguen et de Saki Bouazo dont le camp est situé à Azito en bordure de lagune. Ceux-ci prennaient un malin plaisir à rançonner commerçants, passants, habitants, opérateurs économiques sur leur passage. Sur la voie publique, des barricades sont dressées ça et là, de vieux pneus ainsi que des troncs d’arbres et des morceaux de planches jonchent les abords de la principale artère qui desserre ce quartier populeux de Yopougon. Plus loin, on assiste à un déploiement impressionnant des éléments des forces de l’ordre tous corps confondus : police, gendarmerie, fusiliers marins, commandos bérets rouges, BAE, Garde républicaine, CECOS, tout y passe…Sur les lieux, on dénombre plus d’une cinquantaine de véhicules militaires : chars Mamba, 4 x 4 surmontés de mitrailleuses, Véhicules avant blindés VAB, Véhicules légers de reconnaissance (VELERA) patrouillent dans un concert strident de Klaxons et de vrombissement de moteurs lancés à vive allure. Dans la foulée, on aperçoit le général Philippe Mangou, chef d’Etat-major des FDS venu lui-même s’enquérir de la situation sur le terrain. Dans les cargos de transport de troupes qui font partie du cortège, de nombreux éléments du GPP surveillés par les forces de l’ordre ont pris place : « l’Armée est en train d’exfiltrer les miliciens du GPP que nous venons de déloger de leur camp d’Azito. On ne veut pas d’eux dans notre quartier. Où bien qu’on nous les remette, on va en finir une bonne fois pour toutes avec eux. Trop, c’est trop ! ». fulmine un jeune manifestant, torse nu, le visage badigeonné de charbon, un gourdin à la main. Mais en fait, que s’est-il passé pour que le quartier Niangon et ses alentours soient ainsi transformés en un vaste champ de bataille ?Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, tout a commencé dans la matinée d’hier. Les populations riveraines n’ont semble-t-il pas digéré l’affront à elles faite mercredi dernier par des éléments radicaux du GPP. Pas plus qu’elles n’appréciaient plus les actes d’agressions, de brimades et d’exactions assortis de rackets, de vols, viols de jeunes filles et de pillages des biens dont les miliciens du GPP se rendaient coupables à longueur de journée dans leur quartier. Lassées, elles se sont donc passé le mot, hier, et ont décidé d’en découdre définitivement avec « ces terroristes » du GPP. Tôt le matin, les jeunes du quartier ont dressé aux entrées et sorties du quartier des barricades à l’effet de traquer du GPP. Informés de ce qui se tramait contre eux, les hommes de Touré Zeguen se sont, eux aussi, mis sur le pied de guerre. Le décor d’un affrontement imminent était ainsi planté. Alertés, les éléments des forces de l’ordre se sont déportés sur le terrain pour tenter d’éteindre le feu en gestation et faire entendre raison aux populations qui devenaient de plus en plus menaçantes. Rien n’y fit.Les populations ont consenti à lever les barricades et à libérer la voie publique. Mais, elles étaient loin de vouloir enterrer la hache de guerre. Déterminés à croiser le fer avec le GPP, plusieurs groupes de jeunes riverains se sont alors déportés à Azito pour déloger les miliciens de leur camp. S’en suivent des affrontements sanglants. Le GPP ouvre le feu fait deux morts parmi les manifestants et tranche la main gauche d’un autre.Il n’en fallait pas plus pour que la foule déjà chauffée à blanc par l’intervention disproportionnée des forces de l’ordre qui ont lancé des bombes lacrymogènes et fumigènes, se déchaîne. Dans la débandade qui s’en suit, les manifestants mettent la main sur deux éléments du GPP dont l’identité ne nous a pas été révélée, les battent à coups de gourdins et de machettes jusqu’à ce que mort s’en suive. En plus, ils les aspergent de pétrole et d’essence avant de mettre le feu à leur corps sous le regard, à la fois hagard et amusé, des badauds.Impuissants, les éléments des forces de l’ordre assistent au massacre. Pendant ce temps, d’autres manifestants mettent à sac le camp du GPP à Azito, saccagent leur matériel roulant et mette le feu à leurs tentes et autres effets.Les forces de l’ordre s’attèlent, quant à elles, à sécuriser ceux des miliciens pris de panique qui se sont mis sous leur protection. Les autres ont, semble-t-il pris leurs jambes à leur cou, se fondant dans le pénombre du quartier Azito : «D’autres mêmes se sont noyés dans la lagune », témoigne A.H, un manifestant qui s’est confié à nos reporters. «GPP, libérez notre quartier ! » ne cessaient de scander des centaines de manifestants qui escortaient les cargos militaires à bords desquels l’armée a exfiltré les miliciens. « Maintenant, on peut rester dehors jusqu’à 2 H du matin. C’est fini maintenant, vieux père, vous pouvez rentrer chez vous à tout heure de la nuit. On a chassé le GPP » , lance un autre manifestant à notre endroit. Selon lui, le GPP avait institué, dans le quartier, une sorte de couvre- feu qui ne disait pas son nom. « A partir de 22 h, plus personne ne pouvait sortir ni entrer au quartier », argumente-t-il.Au moment où nos reporters quittaient les lieux, (vers 20 h), le calme revenait peu à peu dans le quartier après le départ des forces de l’ordre à 19 h. Aux dernières nouvelles, les miliciens du GPP ainsi exfiltrés ont été transportés et logés pour les uns à l’Ecole de police, pour les autres à l’Ecole de gendarmerie. Au total, les affrontements entre le GPP et les riverains ont causé 5 morts : un mort mercredi dernier et 4 hier vendredi. A quand, diantre, la fin de cette comptabilité macabre ?



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